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日志


8月30日

Fria

Aurions-nous changé de pays ? L’électricité est présente 24h sur 24 ! Les maisons sont équipées de cuisinière électrique, de frigo, de chauffe-eau, le téléviseur est allumé en permanence… Un autre monde : merci l’usine. Depuis plus de 40 ans, une usine de transformation de bauxite en alumine (composant de l’aluminium) alimente en eau et électricité cette ville qu’elle a créée (2 000 employés, 30 000 habitants). Les routes fraîchement rebitumées et 3 immeubles des années 60 nous donnent l’impression d’être dans une banlieue populaire d’une métropole française.

 

Nous avons vraiment apprécié de rencontrer des personnes réfléchies et intéressantes. L’atmosphère y semblait plus sereine qu’ailleurs.

 

Télimélé

 

Nous avons eu l’opportunité d’aller à Télimélé grâce à nos amis italiens qui y mènent des activités. Une personne de leur ONG devait s’y rendre pour une mission de 2 jours et il restait de la place dans leur 4x4. Nous n’aurions jamais osé utiliser la Peugeot 505 sur cette piste chaotique d’environ 130 km au départ de Kindia. Par moments, le trajet prend des airs de rallye Paris-Dakar. Il faut contourner quelques camions en panne qui sont stationnés en  travers de la piste. Pourtant de nombreux taxis en piteux état l’empruntent tous les jours. L’expérience du chauffeur et la robustesse du 4x4 ont permis de parcourir cette piste en 4h seulement. Il aurait sûrement fallu entre 10 et 12h avec la 505 et beaucoup plus si nous « gâtions » (cassions) cette dernière. A l’arrivée, on a l’estomac bien remué.

 

De Télimélé nous avons principalement apprécié les paysages collines gréseuses et sa rivière naturellement organisée en paliers, très commode pour la détente des jeunes et le nettoyage des véhicules (en plus de l’habituelle toilette corporelle, la lessive et la vaisselle). Nous avons également pu connaître les organisations paysannes (structures, activités …) de la région en suivant leurs réunions animées par l’ONG italienne.

 

Anecdote :

 

Un soir, alors que nous dînions tranquillement devant la TV de l’hôtel, la chaîne a subitement changé. Naturellement, nous nous tournions vers la seule personne présente dans la pièce. Celle-ci ne détenait pas de télécommande et était bien plus concentrée par son assiette que par le poste de télévision. C’est alors qu’elle nous apprend que toute la ville est reliée au même décodeur satellitaire et que le propriétaire change de chaîne à sa guise. On doit donc suivre les programmes qui l’intéressent. C’est très pratique, vous êtes sûr que le lendemain tous vos amis auront vu le même programme. J

 
4月24日

Voyage en Forêt

Nous avons profité de quelques jours de congés à Noël pour découvrir la région de la Forêt (au sud de la Guinée, à la frontière avec le Libéria et la Côte d’Ivoire). En raison des turbulences qui ont affecté ces 2 pays très récemment, la Forêt a eu à assumer plus d’1 million de réfugiés (sur une population totale de 9 millions en Guinée). Autant dire que cette situation a généré une pression sur les ressources naturelles (déforestation).

Nous avons traversé des paysages assez variés : savane, petits vallons avec des bas fonds, plantations de bananiers, caféiers et forêt tropicale.
L’inconvénient majeur de cette région est son accessibilité par la route, nous avons fait 5 jours de voiture aller-retour. Sur une portion de 180 km (praticable uniquement en saison sèche), nous ne pouvions rouler qu’à 20km/h, à vous de calculer notre temps de parcours.
Nous n’avons finalement pas visité grand chose à part un beau pont de lianes et fait plusieurs ballades. A la fin de notre séjour nous avons rencontré un volontaire sur un projet de pisciculture. Nous avons assisté avec lui à la pèche (récolte) en pleine brousse. C’est un projet vraiment intéressant, sur un petit cours d’eau, ils créent une digue afin de former un bassin, ce dernier à une double utilité : la croissance des poissons et la culture du riz.

Pour des raisons historiques, il y a beaucoup de chrétiens en Forêt, nous nous sommes donc réjouis de pouvoir déguster des côtes de porc très savoureuses et cuites à point pour Noël (on réapprend ici les bonheurs simples !).

Pour le jour de l’an, nous l’avons fêté avec des expatriés du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés), d’Action Contre la Faim et d’autre ONG de N’Zérékoré (ville la plus au sud de la Guinée).

12月9日

Une nuit en brousse

Nous venons de passer une nuit en pleine brousse. Partis à l’aventure avec sac à dos et boussole, sans destination précise ni lieu où dormir. Familiarisés au sens de l’accueil guinéen, nous n’étions pas inquiets. Il suffit de se présenter dans un village pour demander le chemin ou le gite. Pour le parcours, il faut questionner au maximum ceux qui parlent français pour connaître les différents villages et savoir dire en poular « Où se trouve le village … ? » et le tour est joué. Un villageois (souvent un jeune garçon) est désigné pour nous guider. On ne se sent jamais vraiment perdu ni loin d’une âme qui vive.

 A notre arrivée au village (hameau), en moins de 2 minutes, comme à l’accoutumée, des chaises sont rapidement trouvées pour nous faire asseoir (si nous nous levons pour nous déplacer de 10 m, un enfant fera rapidement suivre la chaise). Ensuite ils capturent le plus beau poulet qui nous servira de repas. Nous sommes arrivés dans une famille polygame: 2 épouses, 10 enfants au total, le père est éleveur de bétail. Par chance, il parlait plutôt bien le français, très pratique pour bien connaître leur vie mais notre niveau de poular n’a pas trop progressé.

 Leur hameau était constitué de 3 cases rondes traditionnelles: une pour l’homme et une pour chacune des femmes avec leur enfants respectifs. Autour des cases, nous trouvions également quelques plantations (tubercules, maïs…), des arbres fruitiers et, bien sûr, les chèvres, vaches, poules et leurs petits. L’espace pour la toilette était vraiment bien fait, des pierres plates pour paver le sol, un rocher servant de siège, le tout entouré d’une clôture en bois de 1,2m de haut ; amis pudiques s’abstenir. A 200m de là se trouvait le marigot. Il s’agit généralement une rivière mais là nous n’avons trouvé qu’une flaque d’eau au milieu de la boue, pas très rassurant au niveau de la qualité de l’eau.

 Le père a rapporté des bonbons de la ville aux 7 enfants présents, par contre le papier d’emballage fini par terre. Pourtant la propriété ne paraissait pas sale; ramassent-ils les déchets ou sont t-ils emportés par le vent ?

Nous avons dîné entre invités. Nous avons toujours demandé à ce qu’ils le partagent avec nous mais rien à faire.

Fonctionnement du barrage de Garafiri

Contrairement aux informations qui circulent à Mamou, nous avons constaté que la centrale de Garafiri fonctionnait parfaitement : usine très bien pensée, toutes les turbines sont opérationnelles, la maintenance est réalisée régulièrement. Cette visite était pour nous une bouffée d’air frais, ça nous a fait beaucoup de bien de voir des installations qui tournent sans problème. A la fin de la visite nous avons pu observer sur la plaque d’inauguration que ce barrage a été principalement construit et financé par des occidentaux.

 Quelques chiffres :

  • Inauguration en 2000
  • Volume d’eau stocké 1,6 milliard de m3
  • 3 turbines de 25MW plus une de secours de 500kW. Cette dernière permet d’allumer les autres turbines (injection d’huile, ouverture des portes …)
  • Chaque turbine tourne à 1500 tours par minute, ce qui permet à l’alternateur de délivrer une tension de 5,65 kV, immédiatement transformée en 110 kV pour diminuer la perte durant le transport.
  • 685m de tunnel (diamètre 7,2m) sépare la tour de prise de l’usine
  • Le barrage en lui-même n’est pas très impressionnant, il mesure 700m de long sur 115m de haut. Par contre le trop plein a une immense ouverture.

 Garafiri alimente en électricité Mamou et une partie de Conakry. Comme la population de Conakry a doublé depuis la période de conception du barrage, sa production est devenue insuffisante pour alimenter la capitale. Un des paradoxes est que Mamou reçoit l’électricité que lorsque Conakry le décide, alors que Garifiri est à coté de Mamou.

9月16日

Malgré ses handicaps naturels, le Mali apparaît mieux organisé que la Guinée

Ce que nous avons apprécié au Mali et qui fait cruellement défaut en Guinée :

- Agriculture / élevage :

-         Les maliens pratiquent la culture attelée, ce qui accroît leur productivité et peut conduire à l’autosuffisance alimentaire.

-         Certaines berges du fleuve Niger ont été aménagées pour permettre l’irrigation, ce qui favorise la production des parcelles ainsi exploitées.

-         Nous avons souvent croisé des troupeaux d’une taille conséquente (parfois plusieurs centaines de têtes). En raison d’une offre plus abondante, le prix d’achat de la viande pour la population se trouve moins prohibitif qu’en Guinée.

 

- Communications / Transports :

-         Nous avons constaté que les communications téléphoniques passent du premier coup.

-         Les routes bitumées et les pistes sont en très bon état.

-         Carburant dans les pompes : nous n’avons pas eu à faire face aux pénuries répétitives de carburant que nous gérons quasi-hebdomadairement à Mamou.

-         Les grandes villes du pays sont reliées par des services de bus organisés.

-         Il existe une ligne de chemin de fer internationale qui traverse le pays. C’est une alternative au transport routier.

 

 - Eau / électricité :

-         L’électricité ne semble plus être un problème dans les villes principales et secondaires qui sont approvisionnées 24h/24. Les coupures que nous avons vécues n’ont duré que quelques minutes. Les équipements solaires dans les villages de brousse n’étaient pas rares.

-         Nous avons toujours eu de l’eau dans les robinets des hôtels (modestes) dans lesquels nous avons séjourné. A Bamako, l’eau courante est potable.

 

- Des industries qui n’existent pas en Guinée :

-         Production textile et moustiquaires (la population est d’ailleurs bien mieux sensibilisée au sujet du paludisme)

-         Transformation du lait

7月24日

Rencontres à Garafiri

 

Nous avons profité d’un voyage vers Conakry pour faire un détour par le barrage de Garafiri.

 

Nous avons été stoppés par une série de barrages de police et militaires. Les petites discussions habituelles nous ont permis de passer les deux premiers. Le troisième barrage a été plus difficile à contourner : nous avons dû stopper le véhicule et aller discuter avec le commandant de la caserne. Notre ordre de mission (cf « jeu de rôles ») n’indiquait pas que nous devions visiter la centrale hydroélectrique de Garafiri. Le commandant souhaitait nous décourager (« nous fatiguer » diraient les guinéens). Au bout de 45 minutes de bavardages quasi-stériles, le commandant nous a finalement conseillé d’aller trouver le directeur de la centrale pour solliciter son accord. Arrivés à son domicile, nous apercevons un homme nourrissant des moutons. Nous demandons à rencontrer le directeur, l’homme répond « Cest moi, entrez ! ». Après une brève présentation, Mr le directeur nous rédige deux laisser-passer qui nous permettent franchir les barrages n° 3, 4 et 5 sans difficulté.

 

Le contretemps occasionné par la petite mise en scène du commandant nous a permis, par chance, de croiser le chemin d’un chef d’équipe mécanique de la centrale hydroélectrique. C’est un homme passionné par son métier. Autodidacte, il a développé ses compétences en participant  à la construction du barrage dès le 1er jour.  Pour nous, il était remarquable de rencontrer un homme qui travaillait par passion plus que par nécessité alimentaire. En outre, son niveau technique nous a bluffés. On sentait qu’il était heureux de pouvoir discuter avec quelqu’un (Olivier) qui comprenait son sujet et pouvait le suivre au niveau intellectuel.  Il nous a guidés pendant 3 heures dans la centrale. Il fait partie de ceux qui nourrissent notre espoir pour la Guinée.

6月15日

Labé

Nous avons profité du WE de l’Ascension pour découvrir un coin un peu plus éloigné de chez nous (région de Labé). Nous sommes montés plus en altitude. Les paysages étaient là aussi très beaux et variés : traversée d’un zone de savane perchée sur des hauts plateaux, constituée de terre sablonneuse, végétation clairsemée dont la couleur est passée au vert très tendre en ce début d’hivernage.

 

Sur le chemin,  nous avons déposé dans un petit village des colis provenant de France. Conformément à l’hospitalité guinéenne, nous avons évidemment été invités à dîner (un poulet a été acheté à cette occasion) et y passer la nuit. Tous les hommes du village sont venus nous saluer pour nous remercier d’avoir porté les colis. Donc durant 2 heures il y avait un défilé, avec le rituel « Bonjour ! Vous allez bien ? Et la famille ? »… Nous avons été frustrés de ne pas pouvoir échanger plus avec eux.  Malgré ce charmant accueil, nous ne nous sentions pas à notre aise car nous ne nous reconnaissons pas dans cette activité.

 

Le lendemain, à une vingtaine de kilomètres de piste, nous avons découvert une très belle cascade : les chutes de Sala. On les observe par le dessus, l’eau suit une trajectoire longue et gracieuse, et s’échoue dans des marmites. 

 

Nous devenons des experts de la conduite en brousse, heureusement que notre 505 est surélevée.

 

Labé (ville majeure avec ~300 000 hab) n’a pas vraiment de charme, comme les autres villes d’ailleurs (la Guinée n'est pas une destination de choix pour les passionnés d'architecture). Il est consternant de constater l’ambiance chaotique d’une ville de cette importance pour le pays : les routes sont défoncées, on trouve parcimonieusement des portions bitumées. Par contre, étant donné la proximité de Labé avec le Sénégal, son marché est mieux achalandé que celui de Mamou. Nous avons même pu déguster une pizza dans un resto tenu par une italienne.

 

A la nuit tombée, nous étions contents de pouvoir profiter d’une couverture car il faisait très frais.

 

Sur le retour, nous avons eu l’heureuse surprise de découvrir une laiterie à Pita où nous avons pu acheter des yaourts !

6月7日

Conakry

 

La capitale du pays s’étend sur une presqu’île de 30Km de long. Avec un centre ville juste à l’extrémité, ce qui génère des embouteillages monstres dans ce goulot d’étranglement. Il n’y a pas grande distraction à part les îles de Loos à 40 min de pirogue, un centre culturel et quelques restaurants.

 

C’est surtout pour nous une ville que nous parcourons de long en large pour effectuer nos achats et effectuer nos démarches administratives.

 

Mais paradoxalement, nous séjours à Conakry nous apportent une certaine forme de sérénité :

-          c’est un dynamiseur de solutions, les problèmes s’y règlent beaucoup plus vite que dans le pays.

-          on y trouve tous les biens d’équipement (on ne les trouve pas ailleurs dans le pays)

-          l’approvisionnement en électricité est moins préoccupant car le centre-ville est alimenté presque 24h/24. 

-          nous pouvons aussi y satisfaire nos fringales grâce aux superettes occidentales. Nous y trouvons des restaurants plus variés et plus fins qu’à Mamou (ça change de l’habituel poulet-frites).

-          d’un point de vue relationnel, ces séjours nous permettent de nous aérer l’esprit en discutant avec des occidentaux.