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日志


5月25日

Retour définitif en France

Notre mission en Guinée s’est achevée fin février 2008.

 

Après un mois de tuilage, Cécile et Ludovic Fournier nous ont succédé. Ils sont maintenant bien installés dans les activités. Ils partagent leur expérience sur un blog très intéressant et mis à jour hebdomadairement : www.celucildo.fr . Leurs expériences ressemblant aux nôtres, elles nous donnent l’impression d’être toujours en Guinée.

 

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Comme nous l’avions vécu avec nos précédentes expatriations à Singapour et aux USA, nous savions dès le début que cette mission aurait un terme précis, que nous y créerions des liens forts avec des personnes que nous ne reverrions peut-être jamais. Ca fait partie du jeu de l’expatriation.

 

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Bien sûr, ce fut un déchirement de se séparer d’employés courageux, qui veulent vivre dignement et contribuer à faire avancer les choses dans leur pays. Nous avons partagé le même dévouement pour Guinée Solidarité lors des mouvements populaires du printemps 2007.  Nous sommes fiers de les avoir rencontrés, d’avoir développé leurs compétences pour leur offrir une assurance-chômage.

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Nous avons aussi quitté des amis expatriés avec lesquels nous avions des liens forts. Loin de son pays, l’entraide entre étrangers est une merveilleuse expérience à vivre.

 

Le jour de notre départ, nous avons été très touchés par les nombreux cadeaux offerts par les élèves. Le souvenir de leurs sourires et des petits progrès qu’ils ont accompli pendant la formation (scolaires, acceptation de soi, autonomie au quotidien…) nourrissent en nous un vrai espoir.

 

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Le quotidien en France nous rappelle régulièrement celui de Guinée. Par exemple, les premières fois que nous entendions démarrer un réfrigérateur suscitait en nous une véritable joie. C’était là-bas un indicateur de l’arrivée de l’électricité.

 

Sans l’oublier, nous ne vivons pas dans la nostalgie de la Guinée. Nous tournons la page et laissons derrière nous une tranche de vie. Nous quittons de bonnes et déplaisantes choses, comme nous en retrouvons ici.

 

Notre retour en France a été préparé, nous pensions à notre vie future. Nous avons envisagé la vie française, imaginé où nous établir, vers quels métiers nous orienter….. Nous ne vivons pas de choc culturel. En 2 ans, les choses ne semblent pas avoir tellement changé :

 

-          nous entendons beaucoup parler de consommation et de pouvoir d’achat,

-          nous retrouvons les mêmes émissions télé et radio avec les mêmes présentateurs,

-          beaucoup se plaignent de la pluie…… et du beau temps !

-          les employeurs sont peu enclins à recruter des candidats au parcours atypique

 

Nos expériences à l’étranger furent riches. Cependant, nous souhaitons nous installer en France pour nos racines et en raison de ses atouts exceptionnels :

 

-          pays diversifié et magnifique,

-          contexte social : Sécurité Sociale, retraites, droit du travail,….. Bien que nous traversions une période de forte contestation, nous restons enviés par de nombreux pays.

 

Nous évoluons maintenant en région Rhone-Alpes où nous recherchons du travail.

6月21日

Notre expérience de l'isolement

Pour nous, l’isolement revêt plusieurs formes :

 

Peu de personnes avec lesquelles échanger librement :

  • La communauté expatriée est quasi-inexistante à Mamou : on ne peut pas discuter ouvertement avec tout le monde, d’autant plus qu’il faut se méfier des barrières de la langue (qui peuvent générer de fâcheuses incompréhensions).
  • On trouve moins de personnes instruites qu’à Conakry par exemple, donc on tourne vite en rond sur les sujets.

 

Nourriture : les produits que l’on trouve au marché de Mamou ne sont pas variés, il faut s’approvisionner régulièrement à Conakry (1 journée de route) pour diversifier les saveurs.

 

Divertissements : A part si l’on est féru de foot ou non incommodé par la piètre qualité sonore en night-clubs (grésillements, volume agressant), il n’existe pas de réelle possibilité de divertissement à Mamou.

 

Moyens de communication :

  • Téléphone : bien qu’améliorées depuis l’arrivée d’un nouvel opérateur, les communications  téléphoniques restent difficiles quand il s’agit de joindre un usager de l’opérateur concurrent.
  • Internet : il y a un unique cyber-café à Mamou dont le fonctionnement dépend de l’approvisionnement en électricité et en carburant (pour les moments de coupure). La fréquence de consultation des messages reste modérée.
  • Courrier : les services postaux fonctionnent de façon aléatoire.
  • Radio : la qualité de réception de RFI est variable et BBC Afrique n’émet pas toute la journée.
  • Télévision : les émissions de la télévision guinéenne présentent trop peu d’intérêt pour donner envie de s’équiper d’un téléviseur. Il est possible d’accéder à la télévision par satellite en acquérant une parabole (c’est un gros investissement).
  • Routes : nous parcourons en moyenne 50 km/h sur routes bitumées et 20 km/ sur les pistes, nous ne circulons pas la nuit (raisons de sécurité). Ainsi, les distances sont longues à parcourir.

 

Santé : à Mamou, une seule pharmacie détaille des médicaments sûrs (et non des copies). Elle est livrée hebdomadairement, voire moins en fonction des pannes du camion. Du coup, en cas d’urgence, il vaut mieux avoir constitué un stock ou partir à Conakry.

3月16日

De retour en France, quelques réflexes ont changé

Salutations : On ne prononce plus tout au long de la journée le fameux couplet « Bonjour, vous allez bien ? Et la famille ? Et le travail ?.........». Et quand on rencontre policiers et douaniers, on s’abstient de leur demander si leur femme se porte bien !

Aspect physique de nos compatriotes : Les gens ont l’air tristes et sont habillés de couleurs ternes.  Quelle opposition avec les boubous multicolores (parfois pailletés) rehaussés par la peau noire des guinéens et leurs omniprésents sourires!

Circuler la nuit : Alors qu’en Guinée nous nous interdisons de rouler la nuit (car la chaussée y est très dégradée, des véhicules y circulent sans feux), nous reprenons ici la liberté de nous déplacer sans nous soucier de l’heure du coucher du soleil.

Eau du robinet : L’eau courante est abondante et potable en France. Il est donc inutile de la filtrer, de faire attention à ne pas l’avaler en se brossant les dents. Finies les restrictions d’eau pour la vaisselle et la douche. On peut même lancer la machine à laver en pleine journée (il n’y a pas besoin d’attendre l’hypothétique arrivée de l’électricité en soirée).

Quantité de nourriture dans les supermarchés : La profusion de produits dans les supermarchés est frappante. On se demande comment il est possible d’ingurgiter de telles quantités de nourriture. La vue des étalages de viande était écœurante.

Protection contre les moustiques : Dès que la nuit tombe, il n’est plus d’usage de fermer les portes et se couvrir le corps car il n’y a pas de moustiques en France au mois de mars. Et en plus, ils ne portent pas le paludisme. Quelle sérénité !

Verdure : Ayant quitté la Guinée en pleine saison sèche (pas une goutte de pluie pendant 3 mois), ce fut une véritable douceur de retrouver de la verdure.

Air sec : Pendant nos quelques jours d’attente à Conakry (capitale guinéenne), nous transpirions à grosses gouttes du matin au soir en raison de la moiteur ambiante. En arrivant à Paris en pleine nuit, les premières bouffées d’air frais et sec circulant dans les poumons étaient délicieuses.

Panneaux de signalisation sur autoroute : En rentrant de l’aéroport, au milieu de la nuit, nous roulions sur une autoroute déserte. Grâce à un panneau lumineux, nous apprenions que nous atteindrions la prochaine autoroute en 14 minutes. Quelle précision ! Dans le fond, nous nous interrogions sur la pertinence d’une telle information. En tout cas, en Guinée, il est d’usage d’arriver à destination quand « Dieu le veut » ! Le rapport au temps est tout autre.

Beauté des villes et richesse architecturale : C’est avec un regard neuf et émerveillé que nous avons retrouvé la diversité des styles architecturaux, des empreintes des époques, des sculptures,…

1月10日

Chinoiseries

Les produits manufacturés chinois que l’on trouve sur le marché guinéen pourraient être qualifiés « objets à usage unique ». Prenons l’exemple des robinets (nous en avons déjà testé 3) : ils se cassent au montage et sont déjà inutilisables. Il est vain d’essayer de les ressouder ou recoller car la médiocrité des matériaux utilisés et leur épaisseur ridicule les rendent irréparables. Il faut vraiment voir de ses propres yeux la piètre qualité des chinoiseries pour le croire. Ce n’est qu’un exemple parmi des milliers, le marché guinéen est envahi de produits de mauvaise qualité en provenance de la Chine (près de 100% des articles vendus en quincaillerie). On nous avait signalé le même phénomène lors de notre passage au Mali en août 2006. Alors quand il s’agit d’équiper notre logement, c’est pas de la tarte !

 

La triste réalité de l’inflation galopante du franc guinéen (100 % par an) ampute chaque jour le pouvoir d’achat de la population. Les produits de qualité moyenne que l’on peut trouver à Conakry deviennent petit à petit inaccessibles aux guinéens. Du coup, il faut faire son choix parmi une vaste sélection d’articles de pacotille.

 

Comment en vouloir aux chinois qui fabriquent des produits adaptés au portefeuille de leurs clients ? Ils savent produire une moto neuve pour 500€, un vélo pour 50€, une prise électrique pour 0,50€……………..

 

Quelles sont les alternatives qui se présentent aux guinéens ?

·        les occasions venues d’Europe (vélos) qui se vendent 3 fois plus cher que les produits chinois neufs.

·        les articles venants des pays arabes : de meilleure qualité que les chinois (produits d’hygiène) et de prix intermédiaire, ils ne sont cependant pas présents sur toutes les catégories de produits (quincaillerie).

 

On s’effraie souvent en occident des effets de la mondialisation, et notamment de la concurrence chinoise. La réalité est que l’influence chinoise revêt aussi des formes néfastes dans les pays en développement.

8月7日

Les commerçants libanais

C’est grâce à eux que la plupart des produits manufacturés entrent en Guinée, que nous mangeons du poisson à Mamou, que nous pouvons profiter de produits occidentaux lors de nos séjours à Conakry………et que de l’argent rentre en Guinée (autre que celui des bailleurs de fonds).

 

Ils sont entrepreneurs et courageux.

 

Ils sont réputés durs avec la population et les autorités. Pour ma part, je pense qu’ils ont développé ce comportement pour décourager les personnes qui posent de faux problèmes. En tous cas, avec nous, ils sont d’une grande gentillesse et sont toujours prêts à nous aider.

 

Nous leur tirons notre chapeau car les difficultés (quotidiennes !) qu’ils rencontrent sont innombrables :

-         tracasseries administratives liées au dédouanement et sortie de port des containers

-         contrôles fréquents de la police, gendarmerie, services des impôts, services sanitaires……

 

En outre, beaucoup ont quitté le Liban car là-bas ils étaient issus d’un milieu modeste. Ils ne sont pas restés attendre que le travail vienne de leur gouvernement ou d’un bailleur de fonds (comme trop souvent ici malheureusement), mais ont eu le courage de quitter la famille à laquelle ils envoient régulièrement des devises. Certains arrivent alors qu’ils sont âgés d'à peine 20 ans, ne savent qu’écrire et parler arabe. Au bout de quelques temps, ils acquièrent un très bon niveau en français et langues nationales (poular, soussou,…). Ils ne rentrent pas automatiquement au pays tous les ans, mais quand leurs moyens le leur permettent.